Si l’on parle de « détective privé », ce terme
éveillera sans doute, dans l'esprit du public, une multitude de souvenirs qui
iront de la littérature policière, à commencer par les œuvres
d’Agatha Christie (Hercule Poirot) ou de Sir Arthur Conan
Doyle (Sherlock Holmes), en passant par les feuilletons du
petit écran (Joe Mannix, Thomas Magnum, Philip Marlowe…) et le
cinéma policier qui développa de nombreux films cultes avec, par
exemple, l’adaptation des romans de Chandler (cf. «Le grand
Sommeil» avec Humphrey Bogart) ou de Manuel Vazquez Montalban
(« pepe carvalho »).
Cette appellation populaire, souvent américanisée, reflète l’image d’une
profession mythifiée et totalement déformée par les auteurs
de romans noirs, la télévision et le Septième Art.
L'enquêteur de droit privé
français, lui, est devenu, au fil des années et des réglementations,
ainsi que de l'évolution de la jurisprudence, un précieux auxiliaire
des entreprises, des professions juridiques et des plaideurs au
service de la preuve et des droits de la défense dans un cadre
juridique, législatif et règlementaire, très encadré qui concilie le
respect des valeurs républicaine, une forte déontologie, des
garanties pour la société et pour les mandants qui font appel à une
agence de recherches privées.
La profession d’enquêteur privé possède,
dans notre pays, des
limites tant dans les missions réalisables que les domaines qui
relèvent de sa compétence et présente d'importantes garanties,
trop souvent méconnues, d'honorabilité et de professionnalisation. Elle est
rigoureusement réglementée, la première loi remontant à
juillet 1900 dans les départements d'Alsace Moselle, législation qui
ne cesse d'être complétée au point que les détectives privés
exercent, de nos jours, une profession strictement privée qui la
place, pourtant, sous le contrôle et la surveillance du Défenseur
des droits, des Préfets, des Commissaires de police et des officiers
de police, des officiers
et sous officiers de la gendarmerie nationale, de la Commission nationale de
l'informatique et des libertés, et du Conseil national des activités
privées de sécurité (C.N.A.P.S).... !
En
France, le « détective » est un enquêteur de droit privé,
c'est-à-dire une personne ayant un statut de droit privé, qui
intervient dans le cadre du droit privé et, plus précisément,
dans celui des procédures civiles et
commerciales qui ne relèvent ni d’un Procureur de la République, ni
d’un juge d’instruction, ni des services officiels de police et de
gendarmerie.
Il n’y a donc – et en aucune façon – le
moindre chevauchement, ou la moindre concurrence, des enquêteurs
privés sur les attributions pénales des enquêteurs de droit public
(police, gendarmerie…), même si les techniques d'investigations se
ressemblent (enquêtes, auditions de témoins, surveillances,
filatures...), ce qui constitue, de fait, le seul point commun
entre ces professions qui interviennent, chacune, dans des domaines
réservés.
Les enquêteurs de droit privé exercent une
profession libérale strictement réglementée,
encadrée, surveillée, contrôlée, depuis une loi du 14 mars
2011, par une autorité publique de régulation (le «C.N.A.P.S»)
dotée de pouvoirs de police administrative mais aussi de pouvoirs
ordinaux portant sur la discipline et l’instauration d’obligations
éthiques : il a été chargé de préparer le code de déontologie des
professions de sécurité promulgué par décret en Conseil d'État.
Cet
organisme public est, lui-même, totalement contrôlé par l’État. Son « collège »
(le conseil
d'administration) se compose, en majorité, de représentants de
l'État : le Préfet délégué interministériel à la sécurité privée, le
directeur des libertés publiques au ministère de l’Intérieur, des
magistrats et des membres des juridictions administratives, le
directeur général de la police nationale, le directeur général de la
gendarmerie national …. Son directeur général est, en outre, un
préfet nommé par décret.
L’enquêteur de
droit privé est reconnu comme « un des acteurs privilégiés
de l’effectivité même des droits de la défense » (avis
CNDS du 21/9/2009) et une loi du 21 janvier 1995 [annexe I (I-3)]
ajoute qu'il exerce une «
profession de sécurité
privée » et qu'il concoure à la
«
sécurité générale » .
Dès 1998 l'Université Panthéon Assas Paris 2 -
première université juridique de France - créait des formations
publiques avec deux diplômes d'université (enquêteur privé en
juillet 1998 puis directeur d'enquêtes privées en juillet 2000)
avant même que la formation technique et juridique ne soit
rendue obligatoire (loi du 18/03/2003) et que cet établissement
public d'enseignement supérieur ne soit désigné pour délivrer le premier diplôme
d'État (21/06/2006).
Ils sont tenus au secret professionnel et certains
d’entre eux participent aussi, à des titres variés, au service
public de la justice civile et commerciale.
Qui sont donc les enquêteurs de droit
privé français ? Que font-ils ? Dans quels domaines
interviennent-t-ils ? Quels sont leurs moyens ? Quelle est la valeur
de leurs investigations ? Leurs rapports sont-ils valides en justice
? Quelle est leur formation ?
Autant de questions auxquelles nous
allons tenter de répondre par ce service unique sur les enquêteurs
et détectives privés.
Le Centre d'Information sur les détectives a été créé, en 1984,
dissout puis reconstitué en 1986 sous la forme d'une association,
sans but lucratif, régie par la loi du 1er juillet 1901.
Fin 1986 il créait le tout premier service Minitel sur les
détectives privés, ouvert au public en mars 1987 avec un simple
ordinateur sur le réseau téléphonique commuté avant d'être
disponible, en septembre 1987, sur le réseau Télétel ou il sera
présent pendant 15 ans. En 2002, les informations
seront transférées sur Internet, enrichies et complétées jusqu'au
service actuel qui propose plusieurs centaines de pages à la
disposition du public, des juristes, des plaideurs et des
journalistes. Il s'agit d'une base unique d'informations exclusivement dédiées aux enquêteurs privés,
en toute
indépendance des organismes corporatifs quelle que soit leur
forme juridique ce qui lui permet une totale liberté éditoriale et
de ton. L'association ACID qui gère le service est très jalousement
attachée à cette indépendance et n'accepte aucune consigne des
groupements ou des syndicalistes de la profession.
(Nord-Éclair du
5/03/87 : lancement du service Minitel)
En cliquant sur la loupe (en
haut de la page et à droite), un moteur de recherche vous est également
proposé pour retrouver un renseignement précis à l'aide d'un ou
plusieurs mots.
Nous espérons que vous trouverez, sur notre site, les réponses aux
questions que vous vous posez sur les enquêteurs de droit privé,
qui sont des enquêteurs professionnels au service de la preuve et des droits de la défense, qualifiés, réglementés, agréés par une autorité
publique de contrôle et de régulation.
Actuellement les contrôles sont assurés le Préfet et, à
compter de 2012, ils le seront par le Conseil national des activité privées de
sécurité.
(Le centre
d'information sur l'ancien 3611 Minitel)
Nous vous conseillons d'aller directement au sommaire général du
site qui vous proposera de nombreuses rubriques, à moins que vous ne
préfériez un des accès rapides pour choisir un détective
ou lire la «Gazette des enquêteurs de droit privé».
Dans tous les cas, nous vous souhaitons une agréable consultation de
notre site.
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Christian BORNICHE
directeur général de l'association ACID :
Centre d'Information sur les Détectives
Président de la fédération UFEdp :
Union Fédérale des Enquêteurs de droit privé
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