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Détectives et enquêteurs privés :
les premières statistiques connues
C'est la première fois que des statistiques financières
sur les détectives et enquêteurs privés sont connues.
Ces chiffres ont été relevés par l'I.N.S.E.E., Institut
national de la statistiques et des études économiques et ne souffre
donc pas de contestation. Ils ne proviennent pas de l'imagination
débordante de syndicalistes d'opérette en mal de médiatisation qui ont
pu, dans le passé, duper la presse en inventant des statistiques
sorties de leur chapeau magique.
En effet de telles statistiques ne sont réalisables que
depuis l'attribution récente d'un code APE spécifique aux activités
d'enquêtes privées.
Malheureusement - malgré la bonne volonté des
organisations professionnelles qui le réclamaient - la profession
n'est pour rien dans la création du code NAF 8030Z imposé,
à la France, par la législation européenne. L'I.N.S.E.E considérait,
en effet, que le nombre de professionnels était insuffisant pour
justifier une classe particulière et l'ancien code APE mêlait les
activités antinomistes du gardiennage et de l'enquête privée.
Cette situation était aberrante. Elle mélangeait des
professions dont l'exercice cumulé était, au surplus, interdit par la
loi du 12 juillet 1983. Leur statut social était également opposé,
l'un, commercial, ayant pour objet de protéger physiquement des biens
et des personnes par du personnel salarié, l'autre, de nature libérale
et intellectuelle, soumise au secret professionnel et acteur
privilégié des droits de la défense, ayant une vocation juridique pour
rechercher des preuves destinées aux plaideurs dans le cadre des
procédures civiles et commerciales..
Cette heureuse réforme (vive l'Europe), permet
aujourd'hui de commencer à évaluer l'impact de la profession et son
chiffre d'affaires avec, toutefois, certaines réserves que nous
préciserons plus loin.
Statistiques provisoires des agences de recherches privées en
France
|
Année |
Nombre
d’entreprises |
Chiffre
d’affaires HT (en euros) |
Valeur
ajoutée
(en euros) |
excédent
brut d’exploitation
(en euros) |
Bénéfices
ou pertes |
Nombre
personnes occupées |
taux de
non salariés |
|
entreprises de sécurité
privée
(transports de fonds,
gardiennage, gardes du corps) |
|
2007 |
5.094 |
5.226.000.000 |
3.993.000.000. |
|
investissements |
124.690 |
3,2% |
|
93.000.000 |
|
2009 |
6.638 |
6.150.000.000 |
4.404.000.000 |
141.000.000 |
29.000.000 |
|
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|
Agences de recherches privées
(activités d’enquêtes et
d’investigations) |
|
2007 |
738 |
53.000.000 |
36.000.000 |
|
investissements |
1.376 |
58,3% |
|
1.000.000 |
|
2009 |
355 |
43.000.000 |
25.000.000 |
7.000.000 |
5.000.000 |
|
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Observations :
Il convient de préciser que les chiffres établis par l’I.N.S.E.E.,
sont relevés à partir des codes statistiques affectés aux entreprises,
savoir 8010Z pour les sociétés de gardiennage et 8030Z pour les
agences de recherches privées.
Toutefois plusieurs
éléments ne sont pas à négliger car ils peuvent fausser les
statistiques avec des variations à la hausse ou à la baisse :
1-
toutes
les entreprises ne sont pas, nécessairement, classées sous le code APE
8010Z pour la sécurité privée et 8030Z pour les enquêteurs privés.
Ces codes
correspondent, théoriquement, à l’activité principale exercée, mais un
certain nombre d’entreprises, qui peuvent exercer plusieurs activités,
peuvent être référencées sous un autre code NAF.
2-
En ce
qui concerne les enquêteurs privés, un certain nombre d’entre eux
utilisent des appellations qui ne correspondent pas à l’enquête
privée : consultant, conseil, expert, conseiller technique etc… dès
lors les statistiques n’englobent pas ces entreprises puisqu’il leur
est attribué un code APE (devenu le code NAF) différent.
3-
Certaines entreprises qui, indéniablement, font de l’enquête privée
sont classées sous d’autres codes APE, comme, par exemple, des
sociétés de recouvrement (qui font de la recherche de débiteurs) les
sociétés d’intelligence économique (qui effectuent aussi des enquêtes
commerciales, industrielles, de voisinage, sur les dirigeants, les
associés etc…)
4-
Les
enquêteurs privés n’ont obtenu que tardivement un code APE, pourtant
réclamé par les organisations professionnelles qui n’ont jamais pu
l’obtenir de l’I.N.S.E.E. L’administration estimait que le nombre
d’agences n’était pas assez important pour leur attribuer un code
statistique. Les enquêteurs privés étaient donc classés avec les
sociétés de gardiennage ! C’est une réforme européenne des
statistiques – et non les organisations professionnelles françaises –
qui imposa au gouvernement français la création d’un code spécifique
pour les activités d’enquêtes privées. Cette réforme n’est toutefois
intervenue qu’en 2008 (qui a donc pu prendre en compte des chiffres de
2007 établis en 2008).
En conséquence, le
code "APE", devenu le code "NAF" ayant une vocation exclusivement
statistique, des agences de recherches privées peuvent donc exercer
sous d'autres codes statistiques et ne pas apparaître dans les
statistiques de l’INSEE ce qui peut, aussi expliquer une différence
entre les statistiques de l’I.N.S.E.E. et le nombre d’agréments
délivrés.
On constate, aussi,
une diminution flagrante des entreprises entre 2007 et 2009 : la
nouvelle règlementation qui se met en place, d’une part, et, d’autre
part, la crise économique ne sont, dans doute, pas étrangères à la
baisse de ces chiffres.
Les statistiques
salariées doivent, elles aussi, être prises avec précaution.
Les Enquêteurs de
droit privé font rarement appel aux enquêteurs salariés, sauf à des
administratifs (secrétariat).
Le taux des non
salariés est d’ailleurs très significatif : 3,2% en 2007 pour la
sécurité privée, 58,3% pour les enquêteurs privés.
Toutefois le terme
générique « agence privée de recherches » regroupe une multitude de
spécialités ou d’activités qui peuvent fausser les statistiques.
Si l’appellation
« enquêteur de droit privé » a été adopté par les cabinets spécialisés
dans l’enquête à des fins judiciaires, qu’à ce titre ils sont
aujourd’hui considérés comme des partenaires et même des « acteurs
privilégiés de l’effectivité même des droits de la défense » (avis
CNDS 2008-135 du 21/09/2009), il existe d’autres spécialités comme les
sociétés de recherches de débiteurs, qui sont, juridiquement,
assimilées à des agences de recherches privées alors qu’elles ne font,
en fait, que des enquêtes téléphoniques pour rechercher des personnes
disparues.
Leurs effectifs
salariés peuvent fausser les statistiques, car certaines d’entre elles
disposent de plusieurs dizaines d’opérateurs téléphoniques.
Ces observations
formulées ces quelques statistiques permettent, néanmoins, d’avoir une
première idée de l’implantation de la sécurité privé dans notre pays.
activités de sécurité
privée
(gardiennage, transport de fonds, gardes du corps)
En 2007 on relevait
l’existence de 5.094 entreprises de sécurité privée pour un chiffre
d'affaires de 5.226.0000.000 d'euros, une valeur ajoutée de
3.993.000.000€, des investissements pour 93.000.000€.
Le secteur occupait
124.690 personnes dont un taux de non salariés de 3,2%
En 2009, le nombre
d’entreprises passe à 6.638, pour un chiffre d’affaires de
6.150.000.000€, une valeur ajoutée de 3.993.000.000€ et un bénéfice de
29.000.000€.
activités d'enquêtes
et d'investigations privées
:
Le nombre d’agences de
recherches privées est, bien évidemment, très inférieur et s’élève à
738 entreprises, pour 1376 personnes occupées, avec un taux de non
salariés de 58,3%, un chiffre d'affaires de 53.000.000 d'euros, une
valeur ajoutée de 36.000.000€ et une somme de 1.000.000€ pour les
investissements.
En 2009 le nombre
d’agences déclarées sous le code NAF 8010Z (activités d’enquêtes)
chutait à 355, pour un chiffre d’affaires de 43.000.000€, une valeur
ajoutée de 25.000.000€ et 5.000.000€ de bénéfices.
statistiques
préfectorales :
Ces statistiques sont
volontairement incomplètes car une nouvelle législation se met
actuellement en place. La loi du 18 mars 2003 n’est entrée pleinement
en application qu’après promulgation du décret du 21 février 2009 et
de la circulaire ministérielle du 31/03/2010. En outre une nouvelle
réforme est, déjà, en cours (loi du 14 mars 2011). Ces modifications
ne permettent pas de disposer, actuellement, de statistiques fiables
tant que la réforme en cours ne sera pas achevée (courant 2012).
- 1998 : 2905 agences
- 2004 : 3271 agences
- 2011 : réforme de la
profession non achevée. Il convient d’attendre la délivrance des
agréments par le C.N.A.P.S. (nouvelle autorité publique de régulation
et de contrôle) pour disposer de statistiques fiables. Il semblerait,
toutefois, que les statistiques auraient chuté considérablement. On
estime le nombre actuel entre 800 et 1500 agences. Certaines cessent,
encore, leur activité sans doute pour des raisons économiques, ou,
peut être aussi, parce qu’elles ne correspondent plus à la nouvelle
législation ou par crainte des contrôles qui en seront issus à partir
de l’année 2012.
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