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Cette affaire examinée par la Cour du Travail de Liège est
intéressante sur le plan du droit puisqu'elle permet, aux détectives
privés belges, de connaître leurs possibilités dans le
cadre du droit du travail.
Un représentant travaillant pour une entreprise de jardin et de
construction envoyait régulièrement des courriels à ses collègues
depuis son domicile privé pour des activités d'ordre privé concernant
l'organisation de matchs de tennis.
Le problème est qu'aux heures d'envoi de ces mails, l'intéressé
n'aurait pas du se trouver à son domicile puisque les messages étaient
manifestement envoyés pendant ses heures de travail.
L'employeur en est informé et, perdant confiance dans son
représentant, missionne un détective privé pour déterminer les faits
(présence au domicile pendant les heures de travail).
Le rapport du détective privé, accompagné de photographies, confirme
les soupçon de l'employeur qui licencie le salarié pour faute grave,
sans préavis ni indemnité.
L'employé saisit la Cour du Travail de Liège au motif qu'il a été
espionné dans sa vie privée, et photographié à son insu dans l'allée
de sa propriété.
C'est dans ces conditions que la Cour du Travail de Liège a été menée
a examiner la validité du rapport du détective privé belge et des
photographies prises dans l'allée de la propriété et elle relève :
- que les photographies qui figurent dans le rapport de notre confrère
ont été prises sans manoeuvre particulière et que n'importe qui aurait
pu les prendre en passant devant le domicile du salarié et qu'elle ne
montrent pas la vie intime du salarié ou de sa famille
- que le salarié a bien commis une faute en communiquant, à
l'employeur, des rapports d'activité volontairement inexacts sur les
horaires de visite des clients de son employeur.
Ainsi la Cour du Travail de Liège accepte, comme preuve de la
faute, le rapport du détective privé belge.
Toutefois l'employeur n'ayant pas démontré que les clients concernés
n'auraient pas été visités à un autre moment, la Cour estimera que la
faute n'était pas assez lourde pour justifier l'absence de toute
indemnité compensatoire de préavis et accordera, à ce titre à l'ancien
salarié, une somme correspondant à 13 mois de rémunération, ce qui
correspond aux difficultés des employeurs à démontrer la faute lourde,
mais aucunement à remettre en cause la validité des rapports de
détectives privés dans le cadre du droit du travail belge.
Référence : Cour du Travail de Liège, arrêt du 21 avril 2009
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