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Poursuivant la campagne parlementaire qu'elle a engagée en 2009 que ce
soit par le biais de courriers parlementaires directs aux différents
ministres concernés ou par la voie d'interpellations du gouvernement
au Parlement, l'Union Fédérale des Enquêteurs de droit privé a fait
saisir, une nouvelle fois, le garde des Sceaux sur un problème
récurrent : celui de l'absence de moyens juridiques permettant aux
justiciables, victimes d'agissements délictueux relevant des
procédures civiles et commerciales, de rechercher des preuves.
C'est sur le terrain du droit et du
renforcement des Droits de la défense tout autant que sur celui de la légalité des
interventions de la profession, que la fédération U.F.E.d.p. a fait
saisir la nouvelle Ministre de la
Justice en demandant la création d'une nouvelle fonction d'enquêteur de justice.
Son objet serait de rechercher les preuves que les plaideurs
ont, actuellement, les plus grandes difficultés à obtenir
- dans le cadre des
procédures civiles et commerciales qui ne relèvent pas des services
officiels de Police et de Gendarmerie.
La question écrite, publiée au Journal Officiel de la République du
14 juillet 2009, attire l'attention sur les lacunes de la législation,
les souhaits des avocats et la nécessité de créer de nouvelles
procédures pour renforcer les Droits de la défense, tant dans les
domaines d'ordre civil et commercial que pénal.
Inscrit sur une
liste tenue par l'autorité judiciaire (au même titre que les experts
judiciaires ou les enquêteurs de personnalité) l'enquêteur de
droit privé se verrait alors confié des missions
entièrement placées sous le contrôle de l'Autorité
judiciaire, garante, aux termes de la Constitution, des Libertés
fondamentales.
Par ces propositions, la fédération UFEdp souhaite donner les moyens aux justiciables de se défendre
lorsqu'ils sont victimes d'agissement délictueux (sur le plan civil ou
commercial) en confiant les recherches à de nouveaux auxiliaires de
justice.
Une telle procédure permettrait
d'accéder - en toute légalité - aux informations nécessaires aux
besoins des justiciables, mais
également de contrôler la légitimité de la demande.
Renforcement des droits de la défense, contrôle judiciaire des
missions - depuis sa légitimité jusqu'à son exécution - taxation des
honoraires par le juge, possibilité de bénéficier de l'aide
juridictionnelle pour les plus démunis, moyens juridiques d'ordre
législatif et règlementaire, l'Union Fédérale des Enquêteurs de droit
privé fait des suggestions précises, détaillées pour
renforcer les droits de la défense, mettre un terme aux déviances,
en respectant la légalité Républicaine.
Voici, en texte intégral, l'interpellation du Gouvernement par
Monsieur Jacques LE NAY, député U.M.P. du Morbihan :
« M. Jacques Le Nay attire l'attention de Mme la
ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice et des
libertés, sur la réforme de la procédure pénale évoquée par M. le
Président de la République au cours d'une audience solennelle de la
Cour de cassation du 7 janvier 2009, déjà évoquée, d'ailleurs, en 1949
par le professeur Donnedieu de Vabre.
« Une
telle réforme devrait, toutefois, s'accompagner d'un renforcement des
droits de la défense et notamment de la possibilité, comme le
réclament les associations d'avocats, de faire appel à des enquêteurs
de droit privé.
«
C'est ainsi que, dès le 29 avril 1997, le conseil national des
barreaux évoquait cette possibilité dans un rapport adopté par
l'assemblée générale du 28 novembre 1998.
«
Après l'affaire d'Outreau, dans sa séance du 14 mars 2006, le barreau
de Paris adoptait un rapport qui, à son tour, évoquait cette
possibilité en réclamant des garanties.
« De
telles garanties sont également souhaitées par l'Union fédérale des
enquêteurs de droit privé, à savoir le contrôle de l'autorité
judiciaire pour éviter des déviances, contrôler la légitimité des
investigations, éviter de nuire à l'instruction officielle, et enfin
donner aux enquêteurs des pouvoirs dont ils sont actuellement
dépourvus.
« À
l'évidence, la profession d'enquêteur de droit privé, qui a été
réglementée depuis le loi du 18 mars 2003, est appelée à jouer un rôle
social et à intervenir, non seulement dans le cadre des procédures
civiles et commerciales, mais également, dans un futur devenu proche,
dans le cadre du droit pénal où elle intervient, déjà, dans les
litiges relevant de la contrefaçon, des fraudes aux assurances, ou
encore pour chercher de nouveaux éléments permettant la révision d'un
procès.
« Or
actuellement, le code de procédure civile ne permet pas,
juridiquement, de saisir un enquêteur de droit privé pour faire
rechercher, sous le contrôle d'un magistrat, notamment dans le cadre
des mesures d'instruction, la preuve de faits dont pourrait dépendre
la solution d'un litige, limitant les mesures d'instruction à la
désignation d'un " consultant ", d'un " constatant " ou d'un " expert
".
« Le
code de procédure pénale ne permet pas davantage un recours aux
enquêteurs privés, contrairement à l'Italie où la loi permet aux
personnes démunies de bénéficier de l'aide judiciaire pour s'adresser
à ces techniciens spécialisés dans la recherche de preuves.
« Une
réforme des procédures civiles et pénales s'avèrerait donc souhaitable
pour permettre la désignation sous le contrôle des magistrats, d'un
enquêteur de droit privé agréé par l'État et figurant sur une liste
tenue par l'autorité judiciaire.
« Il
lui précise que, faute de texte spécifique, certains enquêteurs privés
sont nommés en qualité de "constatant" ou "d'expert", notamment en
matière civile et commerciale, par exemple dans des problèmes relevant
de la concurrence déloyale, de la fraude aux assurances ou encore dans
le cadre des procédures collectives.
« Au
surplus, le statut des enquêteurs de droit privé, issu de la loi du 18
mars 2003, avait pour objet de moraliser et de professionnaliser cette
activité mais a omis d'apporter des garanties complémentaires
essentielles pour la protection du public.
« En
conclusion, il souhaiterait connaître son avis sur les points évoqués
et les intentions de la chancellerie pour protéger le titre
d'enquêteur de droit privé dans la loi du 12 juillet 1983 modifiée ;
ajouter, dans ce même texte, l'obligation législative de respecter le
secret professionnel ; modifier le code de procédure civile pour
ajouter, dans les techniciens pouvant être nommés par le juge, les
enquêteurs de droit privé agréés par l'État ; créer une liste des
enquêteurs de droit privé agréés par l'autorité judiciaire, comme il
existe déjà des enquêteurs de personnalité, enquêteurs privés désignés
par les juridictions pénales ; permettre aux avocats, sous le
contrôle du juge, de faire appel aux enquêteurs de droit privé agréés
par l'État dans le cadre des procédures pénales aux fins de renforcer
les droits de la défense ; permettre, sous conditions, l'accès des
personnes démunies aux enquêteurs privés par leur prise en charge au
titre de l'aide juridictionnelle.
«
Enfin il lui demande s'il ne serait pas souhaitable de créer une
commission, associant les professionnels concernés, pour réfléchir aux
différents problèmes évoqués qui visent à améliorer le fonctionnement
de la justice et à redonner confiance dans une institution qui
constitue l'un des piliers essentiels de notre démocratie.
(Journal Officiel de la République Française, Assemblée Nationale,
du 14 juillet 2009, page 6988, question n° 55131)
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